Catégorie : Journal intime

Prendre soin de son coeur

Depuis un certain temps, mon cœur rebelle de saumon a l’air de bien aller. Il s’est ajusté en trouvant sa zone de tolérance.

Malgré tout ce qu’il a dû endurer lors des deux dernières années, il trouve toujours le moyen de maintenir son beat et de s’auto-régénérer. Incroyable comment cet organe simple est si sophistiqué, si complexe et si primordial à notre survie.

Il y a eu des moments où je pensais que la douleur allait le faire faillir. Une douleur émotionnelle accablante et perturbante. Elle est physique car on la ressent autant que n’importe quelle autre douleur et même plus.

Une sensation que le cœur est sur le point de déchirer notre poitrine et partir loin…

C’est violent!

Heureusement, cette douleur est éphémère. Elle diminue au fil des jours et finit par se dissiper.

Lors de mes pires déceptions amoureuses, je pensais que mon cœur allait me lâcher.

Il ne l’a pas fait. Son mécanisme de survie était aussi fort que la vie. D’après Nietzsche, « ce qui ne tue pas, rend plus fort ».

Les expériences douleureuses sont utiles voir nécessaires à notre dévelopment personnel. Elles font accroître notre force morale afin de pouvoir faire face à la vie avec plus de confiance et de contrôle.

Naturellement, je ne peux qu’approuver!! La preuve? Je suis encore là et plus solide émotionnellement qu’avant. La nouvelle MOI est plus forte, surtout plus résiliente!

Je me remets désormais plus rapidement des déceptions! La douleur demeure mais moins longtemps. Tu pleures un coup. Tu t’essuies les larmes. Tu te remets debout. Et puis tu t’en fous. Ta carapace finit par prendre de l’épaisseur pour te protéger.

À un moment donné, je m’en rappelle bien encore, je me maquillais les yeux avant de sortir travailler. J’ai vu le reflet d’une étrangère dans le miroir.

Mon cœur a pris plein la gueule en réalisant que c’était moi. Elle avait un regard fade, vide de vie. Cette étrangère n’était autre que ce qui restait de moi. Ce choc était positif car beaucoup de décisions et d’actions en ont découlé depuis dans le but de me retrouver.

Aujourd’hui, grâce à mon cheminement, je suis en paix avec moi-même. Je n’ai pas retrouvé mon ancienne moi, ce qui est parfaitement normal.

Je ne suis plus cette fille. Je suis qui je suis devenue aujourd’hui. J’aime mieux cette nouvelle version de moi qui est plus forte, plus zen, plus cérébrale, plus déterminée et plus joyeuse. Avant, je disais oui quand je voulais dire non.

Je passais l’intérêt et le bien-être de tout le monde avant les miens. Même des fois aux dépends des miens.

Personne ne viendrait te dire que tu devrais penser en premier à toi. On finit par prendre ce que tu fais aux autres par acquis. On développe des attentes envers toi. Tu te mets de la pression pour être à la hauteur de ces attentes.

Tu t’oublies. On t’oublie. Tu deviens ce que tu offres inlassablement.

Heureusement, j’ai brisé les chaines qui ont aliéné pendant de longues années la femme que j’étais. C’est hors de question d’accepter à nouveau ce que j’avais accepté dans le passé. Mon saumon sauvage ne se transformera jamais en un saumon d’élevage.

Mon cœur n’est plus susceptible d’être facilement manipulé car il a appris à la dure ce que c’est et il en a souffert.

Désormais, j’en prends bien soin sans nécessairement l’empêcher de s’ouvrir à l’amour, au vrai. Celui dans lequel je m’épanouis, j’éclos comme une rose méditérranéenne au printemps. Un amour sain tout simplement.

« J’ai souvent pensé que ma capacité à souffrir était égale à ma capacité d’aimer. Que chacune de mes larmes répondait à chacun de mes rires. Que chacun de mes tourments répondait à chacune de mes convictions. Que chacune de mes craintes répondait à chacune de mes certitudes. Que ma peine glorifiait ma joie. Que ma défaite honorait ma victoire passée. En perdant, j’ai appris à reconquérir, non l’autre, mais toutes les parts de mon coeur pulvérisé. « Nina Bouraoui, Beaux Rivages

Poème coquin

Je ferme les yeux, tu es presque là,
Je ressens la braise de ta passion de l’au-delà.
Ton étreinte remplie d’amour me comble,
Ta voix chuchotant mon nom me fait fondre
Loin! mais proche en pensée, tu fais naître ma volupté.

Tes va-et-vient imaginaires en moi
Me laissent en total émoi
Chaque mouvement de ton bassin contre le mien
Déclenche un tourbillon de folles sensations, me fait du bien
Et s’empare de ce qui reste de ma lucidité.

Tes mains s’aggripant fort à mes hanches
Pour augmenter mes frissons en avalanche.
Mes lèvres pulpeuses cherchant les tiennes
Ton regard plongeant dans mes prunelles châtaigne
Les enveloppant d’une tendre sérénité.

Je veux ressentir tout ce que tu ressens,
Je rêve de voir monter ton désir tout doucement
Contempler ton intense plaisir que mon corps voudrait t’offrir
Serait mon plus beau cadeau de l’éternité.

Délires de nuit

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L’envie de me vider le cerveau et le cœur de tout ce qui y trotte est toujours omniprésente en force.
De déverser sur un bout de papier mon fiel ou ma joie.
Un besoin primordial dans ma vie.
Cependant, je souffre d’un blocage émotionnel frustrant depuis quelques jours. Les mots sont prisoniers de ma gorge et me pèsent sur la poitrine.
Même dans les temps les plus durs, ce n’était pas pareil. Une coquille est entrain de se construire.
Mon besoin de survie a décidé d’embarquer afin de protéger ce qui reste fonctionnel de mon cœur.
Cette idée me trouble profondément. Je commence à réaliser que je m’endurcis : une célibataire endurcie!!!
Ça me fiche ROYALEMENT la trouille.

Je le vois clairement. Je peux désormais tourner la page aussi rapidement que l’ouvrir.
Ces derniers jours, j’ai tenté de prendre du recul pour sonder mon cœur. Pour essayer de comprendre cette nouvelle attitude de ‘nonchalance’ à la puissance 110 ou 220 et de lâcher prise à la vitesse de la lumière.
Le mot d’ordre est « DÉCEPTIONS » avec le ‘s’ du pluriel. Les déceptions nous gèlent les émotions et nous rendent indifférents, plus froids, plus refermés sur nous-mêmes.

Dire au revoir devient aussi banal que n’importe quoi.
On se regarde dans le miroir et on se demande où est passé l’étincelle qui illuminait notre regard devenu terne et fade avec le temps…et les déceptions.

Non et mille fois non!!!
Je ne pourrai jamais permettre à cette froideur de pénétrer dans l’intimité de mon être au point de me rendre amère et presque métallique.

Je prêche l’amour sur les tous les autels. Je m’abreuve d’amour au quotidien.
Comment pourrais-je alors devenir un être aigri de la vie? Déçue, oui et beaucoup, aigrie, non jamais!!!

Ça m’arrive de perdre les pédales à cause de tous ces visages oubliés qui ont laissé leurs empreintes profondément incrustées dans mon âme.
Lorsqu’on tombe en amour, on abat les barrières et on dépose nos défenses. ‘Nous laissons entrer, au coeur de ce que nous avons de plus vulnérable en nous, l’imprévisible de l’autre’.

« Il n’y a rien de plus important en Amour que d’accepter la fragilité de l’autre : c’est ce que j’appelle la Douceur. Et rien de plus important dans la Sagesse, que d’accepter sa propre fragilité, c’est ce qu’on appelle l’Humilité. »
André Comte-Sponville

Je ne vivrais plus dans la revendication du bonheur. Je le laisse venir à moi tout en cheminant dans la vie.
En s’ouvrant à tout ce que la vie a à m’offrir. Tout sert de leçon. On apprend à se connaitre et à savoir ce qu’on veut.
J’ai longtemps eu des attentes, d’où mes déceptions. Désormais, je ne veux plus être victime de mes attentes. Simplement accueillir l’inattendu comme un cadeau, tout en étant reconnaissante.
Bon, fiou, là je peux m’endormir en paix après avoir fait le point avec moi-même.

Écrire pour ranger le bordel

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L’envie d’écrire m’attrape à chaque soir, aussitôt que mon corps m’envoie le signal qu’il est temps de me diriger tranquilement vers le lit.

La journée étant dans le corps, je ressens un besoin urgent de ranger ce bordel mental avant de me livrer aux bras de Morphée.
Et c’est l’écriture qui m’aide à faire ce ménage des idées.

De plus, écrire m’aide à retrouver mon calme et ma zénitude lorsqu’un orage émotionnel fait rage à l’intérieur de mon être.

Ça canalise mes émotions en les nommant pour me débarasser après de leur effet négatif sur moi.

Écrire c’est mon outil d’expression. Plus que ça! C’est mon moyen de communication avec le monde extérieur qui m’entoure.
C’est une invitation à rentrer dans ma bulle sans m’envahir.
C’est ma façon d’échanger, d’apprendre, de partager, de grandir et de cheminer.
Et c’est moins cher qu’un psy!

Lorsque j’écris, je plonge dans un monde parallèle dépourvu de pollution auditive et de nuisance de toute sorte. Je décroche de mon entourage et je m’oublie litérallement dans le monde magique du mot. J’entre en transe, c’est pourquoi je dois établir des balises toujours et ce, avant de commencer, pour pouvoir mettre mon point final et revenir à la réalité.

Mon retour se fait dans le calme absolu, le calme après le passage de la tempête.
Sauf que cette tempête ne provoque pas de dégât.

Au contraire!

Elle me fait tanguer sur mes vagues internes pour me ramener aussitôt sur la terre ferme, en me laissant dans un état de bien-être paisible.

Quelque soit le tourbillon qui tramait en moi, et après avoir accouché de mon texte, une sensation délicieuse m’envahit. On y devient accro!
Ça devient une nécessité avant de fermer les yeux.
Un ménage dans tous les sens du mot!

“Ecrire, c’est comme être amoureux, on est nouveau, libre – et porté par un désir formidable.” Francis Dannemark