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Un matin de pluie

Les gouttes de pluie s’empressent de frayer leur chemin sur la vitre de ma chambre. À partir de mon lit douillet, je les observe et m’amuse à leur créer une vie, une histoire. Elles ressemblent à de petits cristaux scintillants dans la pénombre. Il suffit qu’une gouttelette dévie pour changer la trajectoire de toutes les autres après. Ça me fait sourire. Une gouttelette rebelle qui ressemble à mon cœur de saumon. Elle sort des sentiers battus pour faire son propre chemin vers sa destinée et destination. Elle inspire ceux qui la succèdent à la suivre dans ses rêves et des fois, dans ses coups de tête. Il a plu toute la nuit. Le temps gris incite à la paresse. J’ai décidé de rester au lit. Je suis du pour un projet de relaxation. Depuis quelques mois, le rythme effréné du travail m’empêche de reprendre mon souffle. Aucun répit! L’été a été tumultueux aussi, il m’a vidée de toute mon énergie. Donc, là, je suis en mode récupération et le tout se replace tranquillement comme il se doit.

Je continue à suivre le trajet imaginaire des gouttelettes. Je suis bien dans mon lit. Je m’abandonne à mes rêveries.

Un fond de musique me parvient de la chambre de ma fille et me ramène au moment présent. Il y a quelques mois, je ne pensais pas pouvoir tomber en amour à nouveau, un jour. En fait, je me suis élevée en amour. Cet amour me rend une meilleure personne et fait ressortir mes plus belles qualités. Depuis la première rencontre, c’est son sourire vrai qui m’a charmée. Un sourire qui cache un grand cœur et une belle âme. Un sourire qui ressemble à une invitation pour découvrir l’homme merveilleux qu’il est. Il suffit de le déchiffrer pour comprendre le message qu’il porte. Je ne savais pas qu’on pouvait tomber en amour avec un sourire, aussi simple que ça…

Il pleut toujours. Les gouttes tambourinent sur ma vitre et me plongent dans un genre de méditation hypnotique. À ce moment, une chaleur réconfortante s’empara de moi et envahit mon être. Pour la première fois de ma vie, je me sens BIEN aimée par un homme. Cette idée passagère me secoua. J’ai été aimée, pas qu’une fois. Beaucoup même. Ça je ne le nie pas. Mais ainsi aimée? Jamais.
Lorsque “l’amour” sème des doutes dans ton cœur et te porte à te questionner souvent sur les sentiments de l’autre envers toi, sur ses intentions à ton égard, il faudrait mieux que tu te retires par respect à ton cœur, pour sauver ton bien-être. Je ne connais aucun moment de doute avec lui. Au contraire, son amour m’apaise, me donne des ailes, me rend aussi légère qu’un papillon. Le weekend dernier, on se promenait dans un parc, main dans la main. J’ai eu un éclair : c’est si facile de s’imaginer, ensemble, se promener ainsi à 60, à 70 et à 80. Je nous vois vieillir ensemble. L’idée me fait encore une fois sourire!!!

L’amour se construit au fil des jours. Des gestes posés et non juste des mots. Tu t’investis avec ton 100% pour cultiver le cœur de l’autre afin qu’il puisse fleurir et t’offrir le plus délicieux des fruits. C’est du temps et de la patience. De la bonne volonté aussi. Le désir de rendre une autre personne heureuse et de l’aider à s’épanouir. C’est aussi l’encourager à poursuivre ses rêves et la soutenir à le faire. Former une équipe et s’épauler en tout.

Lui et moi avons la même vision. Il fallait attendre presque 42 ans pour croiser cet homme qui partage ma vision et qui est prêt à s’investir tout comme moi dans ce couple. Nous avons tous les ingrédients nécessaires pour réussir notre délicieuse recette du bonheur. On la laissera mijoter à feu doux, très doux!

Je commence à m’assoupir en regardant ma vitre. Je la fixe sans vraiment la voir. Je suis toujours perdue ds mes rêveries. J’entends encore sa voix me chuchotant “j’t’aime” pour la première fois après trois mois remplis de beaux moments. Un “j’t’aime” différent, dit avec amour et conviction. Je savais qu’il m’aimait et je sentais son affection au quotidien mais l’entendre sans s’y attendre, être prise au dépourvu par son élan d’amour m’a rendue la plus heureuse. Qu’est-ce que je ne ferais pas pour le rendre heureux à tous les jours? Il me rend heureuse, lui, de tant de douceur et d’attention.

Mes yeux se ferment doucement. Je ne veux plus résister à la tentation de Morphée. Dans moins de deux heures, il sera là avec son magnifique sourire et ses bras réconfortants. La pluie n’a pas cessé depuis ce matin. Il fera plus beau tantôt avec son arrivée. Mon rayon de soleil à moi….

« L’amour est la fusion de deux âmes en une seule : c’est une sympathie qui réunit tellement deux cœurs que l’un n’a pas un sentiment qui ne soit partagé par l’autre. Une fois que l’on aime, l’amour s’empare si bien de tout notre être, qu’il n’y a plus que lui en nous, comme lorsqu’on est sur l’Océan dans une barque, et qu’on n’aperçoit plus que le ciel et l’eau qui se confondent. » Honoré de Balzac

Les moments de doute

Un jour sous le signe du doute, de la peur, de l’incompréhension. Cette fragilité qu’on pense surmonter avec le temps vient nous rappeler que le combat n’est pas fini. Le combat est omniprésent avec chaque nouvel aube. Il accompagne chacun de nos pas vers le bonheur.

Il y a des jours où tout semble parfait. Facile. Simple. Il y a d’autres où le simple fait de sortir de son lit est un effort, une corvée. Les vents tumultueux de la vie peuvent provoquer les pires des vagues dans notre âme et dans ce cas, surfer devient quasi impossible. On a l’impression de couler au fond de nous-mêmes. Mais aucun sauveteur n’y peut rien. On est notre propre sauveteur. Personne d’autre. À quel point peut-on nous tendre la main pour nous aider à refaire surface afin de prendre une bouffée d’oxygène? Ça dépend des jours.

On est des humains donc des êtres faits d’émotions. Avoir peur, être fatigué, vouloir se réfugier dans son petit monde réconfortant, s’ouvrir à l’autre, pleurer…toute une gamme de réactions parfaitement humaines. Nous avons toujours le choix de la réaction vis-à-vis les moments les moins faciles mais des fois, on n’a juste pas envie de choisir. On est tellement submergés par la marée haute qui saisit notre âme que tout ce qu’on veut c’est un rayon de soleil qui vient réchauffer notre coeur en bandoulière.

Je me mets souvent en question lorsque je vis ce tumulte dérangeant à l’intérieur de moi. Je me juge un peu trop sévèrement des fois, même si je sais que je n’ai pas le contrôle sur l’intensité et la direction des vents. Ma nature (hyper)sensible est la cause de ce retrait émotionnel vers l’intérieur. Je me cache dans ma bulle sécuritaire, le temps que le bruit diminue. Ensuite je m’ouvre à nouveau. Avant, je refusais ce trait de ma personnalité. Aujourd’hui, je l’accepte, je le comprends mieux et je l’assume. Ce retrait me permet de maîtriser mes émotions et d’en faire abstraction dans le but de m’ouvrir à nouveau vers l’extérieur. Heureusement, ce n’est pas long avant de retourner dans le moment présent et être dans l’action.

La vie n’est pas rose tout le temps malgré ma joie de vivre. Par contre, je carbure sur l’espoir et l’optimisme. Je sais bien qu’il nous faut de la pluie et du soleil pour voir les couleurs pastels de l’arc-en-ciel. Je sais. Mais c’est un de ces soirs où l’on a besoin d’une étreinte affectueuse, d’un sourire réconfortant et de la chaleur d’un corps contre le notre. Une présence humaine quoi. On a beau être fort, indépendant, en contrôle, reste que notre besoin en amour (aimer et être aimé) est un besoin primaire. Je détiens un coeur rempli d’amour en attente d’être pris par un autre coeur rempli d’amour. Je sais que tout peut être forcé, sauf l’amour. Il débarque à l’improviste lorsqu’on s’y attend le moins. On ne peut diriger son cours. Il s’empare de tout notre être pour nous purifier, nous faire vibrer, frémir et nous ébranler sans qu’on puisse riposter. Un amour démesuré. Immodéré! Oui je sais.

Demain, ce sera un autre jour. Il ventera peut-être moins ou pas. Peut-être plus, qui sait!

 » L’important est d’Être Troublé, d’Aimer, d’Espérer, de Trembler, de Vivre.  » Auguste Rodin

De retour…

À vrai dire, écrire m’a beaucoup manqué. Mais cette pause était nécessaire. J’avais besoin de m’éloigner pendant un certain temps pour retourner au neutre. Je me connais désormais et je m’écoute. Je capte les signaux envoyés par mon système et je m’ajuste. Ce recul m’a permis de voir plus clair, de comprendre certaines choses en lien avec les relations “virtuelles” ainsi que ce monde qui est un couteau à double tranchant.

Bref, ce n’était pas juste ça la raison pour laquelle je me suis éloignée. Il y a eu aussi la fameuse grippe du type Influenza qui m’a mise KO et qui s’est transformée en sinusite donc des migraines et de la congestion à ne plus en finir.

L’inspiration n’était plus au RDV non plus…par contre, elle revient tranquillement (pas vite!)…

J’ai beaucoup réfléchi au cours que ma vie avait pris récemment et j’ai réalisé que j’investissais mon énérgie dans les mauvais endroits et sur les mauvaises personnes qui sont incapables de rendre la moitié de ce que je donnais. Comme le commun des mortels, j’ai tendance (encore des fois) à m’oublier et à prioriser les autres. Surtout à traiter les autres comme j’aimerais être traitée mais ce n’est pas toujours évident avec ceux qui prennent sans retour. Ils nous vident tel qu’un aspirateur à énérgie. Un drain, quoi! C’est encore plus difficile si t’es, comme moi, quelqu’un qui se donne à fond, offre son 100%, ne fait jamais les choses à moitié!

Donc ces quelques jours de détox du blog ont été fort utiles pour remettre les pendules à l’heure, pour réfléchir à plusieurs aspects touchant à ma vie.

Au cours des derniers mois, je me suis permise d’avoir la tête dans les nuages, de rêver en rose de poésie et de prose, de croire en la magie des mots qui raccourcient les distances jusqu’à les abolir…

Je suis de retour sur terre, sur le blog et à l’écriture. J’ai hâte de pouvoir écrire à nouveau à tous les jours.

L’envie est omniprésente, insistante même mais les mots se rebellent contre moi et refusent de sortir. Ce phénomène m’arrive lorsque mon cœur et ma tête ne sont pas en harmonie, lorsque je ne suis pas cohérente par rapport à ce je ressens. Manquer de mots est le signal pour me dire “Eille ma grande, y a un problème là là, règle-moi ça tu’ssuite »

“Faire de l’interruption, un nouveau chemin,
faire de la chute, un pas de danse,
faire de la peur, un escalier,
du rêve, un pont,
de la recherche…une rencontre.”
Fernando Pessoa

Entre les non-dits et les dits-de-trop…

Dans ma vie, j’ai soit trop dit ou pas assez dit. Et dans les deux cas, j’ai fini par perdre. J’ai perdu des personnes car j’ai trop dit. Mais aussi d’autres car je n’ai pas assez dit pour les retenir.

Il y a des fois où je me suis barricadée dans un silence impénétrable en regardant l’autre tourner le dos et quitter. Ce n’était pas par caprice. Mais plutôt par peur d’avoir mal, par manque de confiance, pour des raisons que je ne connais pas…Les non-dits deviennent notre ennemi suprême.

Dans une ancienne vie, le silence était mon refuge, ma zone de confort, mon lieu de culte. Je n’avais pas à me justifier ou à m’expliquer car ça ne donnait rien de le faire. Ça blessait plus que toute autre chose. Je n’avais même pas à m’exprimer sur ce qui mijotait à l’intérieur de moi. Ça ne donnait rien non plus. Donc, j’ai développé le réflexe de me taire quand je me sentais en danger (émotionnel ou psychologique).

Par contre, la médaille avait son côté sombre. Avec le temps, j’ai perdu mon droit à la parole et à l’expression. J’ai perdu sur toute la ligne car je voyais passer des choses devant moi et je ne disais plus rien. Je perdais beaucoup de mes droits au quotidien. On prenait mon silence pour un oui non formulé officiellement. Mais il reste un OUI car il n’y avait pas de NON. Plus tard, j’ai perdu des personnes car je n’ai rien dit pour les garder alors que j’avais beaucoup à leur dire.

Le jour où je suis sortie du silence, on m’avait regardée de travers. J’étais devenue à leurs yeux une extra-terrestre, une ingrate, un mouton noir…je ne peux pas dire que ça m’a trop affectée. Je ne me suis pas tue ben ben depuis!!! Bref, un détail…

D’autre part, les mots dits en trop sont comme le couteau à double tranchant. Je pensais qu’en tout dévoilant, en étant transparente et “nue”, je pouvais créer des liens de confiance avec l’autre.

Malheureusement, ce n’est pas le cas. De un, en disant trop, ça me mettait en position de devoir me justifier tout le temps. De deux, je fournissais sans le savoir, sur un plateau d’argent, mes faiblesses et mes points vulnérables. Ça servait comme outil à l’autre pour m’atteindre.

Ce n’est pas toujours le cas. Les personnes sont différentes l’une de l’autre. Mais grosso modo, c’est la topo de la situation!

Depuis que j’ai entamé un processus de cheminement personnel, il y a deux ans, j’essaie de balancer entre ces deux extrêmes. Choisir mes mots, d’un côté et ne plus rester dans le silence, de l’autre. Trouver le parfait équilibre entre les non-dits et les dits-de-trop.

On est faits de toute notre histoire. On est la somme de nos expériences, de nos déceptions, de nos réussites, de nos tristesses, de nos joies, de nos ambitions, de nos rêves, de nos blessures….

Les résidus qui restent ne veulent pas dire qu’on n’est pas guéris. Ils veulent seulement dire qu’on a maturé et on ne veut plus souffrir. On est devenus plus sages. Plus réfléchis (bon, ce n’est pas toujours vrai!! Des fois…). Plus vigilants.

Ça me blesse d’entendre que si j’ai peur ou j’hésite vis-à-vis de l’amour et des relations, c’est parce que mon passé n’est pas réglé. Que je ne suis pas guérie. C’est si facile à dire. À émettre des hypothèses. Des préjugés. Je ne suis plus celle qui était il y a deux ans. Mes blessures m’ont apprises à écouter cette petite voix dans le ventre, qui connait tout. Avant, je l’ignorais. Et quand je butais à un mur, je me disais, pendant que je ramassais les morceaux de mon cœur brisé et j’essuyais mes larmes brûlantes, qu’il fallait l’écouter…Là, je l’écoute plus souvent. Tout simplement. Et c’est très sain…

« La peur de l’inconnu, la peur de l’imprévisible, la peur de ne pas savoir, de ne pas être aimé, d’être abandonné tenaille la plupart d’entre nous et nous entraîne le plus souvent à des conduites défensives, oppressives ou agressives. Mais si nous nous rappelons que la grande fonction des peurs est de cacher les désirs, nous pouvons alors tenter de retrouver le désir qu’il y a derrière chaque peur et de dynamiser autrement notre vie. Un changement vital sera de réaliser ce pivotement intime, de découvrir qu’être et rester dans la peur, c’est se paralyser ou déclencher une fuite en avant, et qu’être dans une dynamique du désir, c’est être dans une énergie expansive, un mouvement vers l’autre, vers la vie, vers l’infini de l’horizon. » Jacques Salomé