Étiquette : déception

Voyager léger? Impossible!

Qui n’aimerait pas voyager léger? Qui n’aimerait pas laisser derrière lui ses vieilles valises remplies de vieux souvenirs, de toute son histoire pour repartir plus léger, plus libre et plus serein? Qui ne souhaiterait n’avoir rien à déclarer en arrivant à destination? Moi, en tout cas, je choisirais cette option SI j’avais le choix.

La réalité est différente. On ne peut pas nous départir de notre vieux stock comme on veut. Il est attaché à nous et nous suit comme notre ombre. Il devient notre identité s’il nous gâche la vie des fois.

Dans ma valise, la peur a trouvé sa place. La peur d’échouer pour la énième fois dans une nouvelle relation amoureuse. J’ai perdu d’ailleurs la recette du bon fonctionnement des relations. Je me demande souvent comment font ceux qui sont en couple pour y demeurer.

Ma mémoire, devenue sélective avec le temps, n’a pas conservé la vidéo de mes 14 ans de marriage. Même si j’essaie d’extraire ces données de mon inconscient, je suis incapable de me rappeler comment notre couple avait survécu à l’époque. On a eu de beaux moments quand même et ce n’était pas tout le temps noir…

On dirait que mon cerveau a subi un formatting intense et a radié tout ce qui est en rapport avec cette tranche de ma vie.

Probablement que cette fonctionalité de notre cerveau a été exprès conçue pour nous aider à passer à travers une peine d’amour survenue ou à cause d’une séparation. Sinon, nous n’aurons jamais assez de courage pour entamer une nouvelle histoire. On est heureusement des créatures qui oublient. C’est notre instinct de survie qui s’active pour nous garder en vie.

Malgré qu’on oublie des faits, notre cœur lui il n’oublie jamais ce qu’il a ressenti au moment où ça s’est passé. Il garde en mémoire le goût amer des peines d’amour et reste décoré de cicatrices.

Avec le temps, on développe une certaine appréhension vis-à-vis l’engagement émotionnel. La peur d’échouer à nouveau. La peur de ne pas être assez aimée. La peur d’être remplacée. La peur d’être plan B ou une béquille ou encore un pansement. Et simplement la peur du rejet.

À cause de cette peur, on prend la fuite au lieu de lui faire face. Notre peur du rejet devrait être tansformée en désirs d’être en lien avec l’autre. Notre peur de foirer devrait être notre désir de bien faire.

En même temps, il faudrait que l’autre nous soutienne s’il tient un peu à nous. Et non de tourner le dos. Tout le monde, désormais, cherche ce qui est facile, sans trouble. Une boîte à conserve ou un plat congelé à consommer en deux bouchées quoi. Personne ne pardonne tes “gaffes” ni te donne une deuxième chance de démontrer que ça pourrait fonctionner. Non, allez, Next!!!

Est-ce que mes déceptions vont s’emparer de moi? Non. Malgré tout ce que je peux ressentir envers quelqu’un, ma peine ne dure que le temps d’une nuit. Je tourne la page et je passe à autre chose. Next please….plus de temps à perdre.

Peut-être qu’il y a un peu d’orgueil là-dans mais surtout une façon de gérer ma douleur. Je me mets à off et j’appuie sur delete. Je ne m’auto-torture plus comme je l’ai fait souvent dans ma vie.

Perdre un petit quelque chose de nous après chaque séparation, peine, deuil est normal. On ne peut pas demeurer les mêmes.

Comme je l’ai dit souvent, nous portons en nous l’empreinte de chaque personne qui a fait passage dans notre vie, quelqu’il soit court son passage.

On oublie les mots échangés, mais on n’oublie jamais comment on s’est sentis avec lui. On le garde à jamais au fond de notre âme.

« On peut oublier un visage mais on ne peut tout à fait effacer de sa mémoire la chaleur d’une émotion, la douceur d’un geste, le son d’une voix tendre. »TAHAR BENJELLOUN

Entre les non-dits et les dits-de-trop…

Dans ma vie, j’ai soit trop dit ou pas assez dit. Et dans les deux cas, j’ai fini par perdre. J’ai perdu des personnes car j’ai trop dit. Mais aussi d’autres car je n’ai pas assez dit pour les retenir.

Il y a des fois où je me suis barricadée dans un silence impénétrable en regardant l’autre tourner le dos et quitter. Ce n’était pas par caprice. Mais plutôt par peur d’avoir mal, par manque de confiance, pour des raisons que je ne connais pas…Les non-dits deviennent notre ennemi suprême.

Dans une ancienne vie, le silence était mon refuge, ma zone de confort, mon lieu de culte. Je n’avais pas à me justifier ou à m’expliquer car ça ne donnait rien de le faire. Ça blessait plus que toute autre chose. Je n’avais même pas à m’exprimer sur ce qui mijotait à l’intérieur de moi. Ça ne donnait rien non plus. Donc, j’ai développé le réflexe de me taire quand je me sentais en danger (émotionnel ou psychologique).

Par contre, la médaille avait son côté sombre. Avec le temps, j’ai perdu mon droit à la parole et à l’expression. J’ai perdu sur toute la ligne car je voyais passer des choses devant moi et je ne disais plus rien. Je perdais beaucoup de mes droits au quotidien. On prenait mon silence pour un oui non formulé officiellement. Mais il reste un OUI car il n’y avait pas de NON. Plus tard, j’ai perdu des personnes car je n’ai rien dit pour les garder alors que j’avais beaucoup à leur dire.

Le jour où je suis sortie du silence, on m’avait regardée de travers. J’étais devenue à leurs yeux une extra-terrestre, une ingrate, un mouton noir…je ne peux pas dire que ça m’a trop affectée. Je ne me suis pas tue ben ben depuis!!! Bref, un détail…

D’autre part, les mots dits en trop sont comme le couteau à double tranchant. Je pensais qu’en tout dévoilant, en étant transparente et “nue”, je pouvais créer des liens de confiance avec l’autre.

Malheureusement, ce n’est pas le cas. De un, en disant trop, ça me mettait en position de devoir me justifier tout le temps. De deux, je fournissais sans le savoir, sur un plateau d’argent, mes faiblesses et mes points vulnérables. Ça servait comme outil à l’autre pour m’atteindre.

Ce n’est pas toujours le cas. Les personnes sont différentes l’une de l’autre. Mais grosso modo, c’est la topo de la situation!

Depuis que j’ai entamé un processus de cheminement personnel, il y a deux ans, j’essaie de balancer entre ces deux extrêmes. Choisir mes mots, d’un côté et ne plus rester dans le silence, de l’autre. Trouver le parfait équilibre entre les non-dits et les dits-de-trop.

On est faits de toute notre histoire. On est la somme de nos expériences, de nos déceptions, de nos réussites, de nos tristesses, de nos joies, de nos ambitions, de nos rêves, de nos blessures….

Les résidus qui restent ne veulent pas dire qu’on n’est pas guéris. Ils veulent seulement dire qu’on a maturé et on ne veut plus souffrir. On est devenus plus sages. Plus réfléchis (bon, ce n’est pas toujours vrai!! Des fois…). Plus vigilants.

Ça me blesse d’entendre que si j’ai peur ou j’hésite vis-à-vis de l’amour et des relations, c’est parce que mon passé n’est pas réglé. Que je ne suis pas guérie. C’est si facile à dire. À émettre des hypothèses. Des préjugés. Je ne suis plus celle qui était il y a deux ans. Mes blessures m’ont apprises à écouter cette petite voix dans le ventre, qui connait tout. Avant, je l’ignorais. Et quand je butais à un mur, je me disais, pendant que je ramassais les morceaux de mon cœur brisé et j’essuyais mes larmes brûlantes, qu’il fallait l’écouter…Là, je l’écoute plus souvent. Tout simplement. Et c’est très sain…

« La peur de l’inconnu, la peur de l’imprévisible, la peur de ne pas savoir, de ne pas être aimé, d’être abandonné tenaille la plupart d’entre nous et nous entraîne le plus souvent à des conduites défensives, oppressives ou agressives. Mais si nous nous rappelons que la grande fonction des peurs est de cacher les désirs, nous pouvons alors tenter de retrouver le désir qu’il y a derrière chaque peur et de dynamiser autrement notre vie. Un changement vital sera de réaliser ce pivotement intime, de découvrir qu’être et rester dans la peur, c’est se paralyser ou déclencher une fuite en avant, et qu’être dans une dynamique du désir, c’est être dans une énergie expansive, un mouvement vers l’autre, vers la vie, vers l’infini de l’horizon. » Jacques Salomé

Prendre soin de son coeur

Depuis un certain temps, mon cœur rebelle de saumon a l’air de bien aller. Il s’est ajusté en trouvant sa zone de tolérance.

Malgré tout ce qu’il a dû endurer lors des deux dernières années, il trouve toujours le moyen de maintenir son beat et de s’auto-régénérer. Incroyable comment cet organe simple est si sophistiqué, si complexe et si primordial à notre survie.

Il y a eu des moments où je pensais que la douleur allait le faire faillir. Une douleur émotionnelle accablante et perturbante. Elle est physique car on la ressent autant que n’importe quelle autre douleur et même plus.

Une sensation que le cœur est sur le point de déchirer notre poitrine et partir loin…

C’est violent!

Heureusement, cette douleur est éphémère. Elle diminue au fil des jours et finit par se dissiper.

Lors de mes pires déceptions amoureuses, je pensais que mon cœur allait me lâcher.

Il ne l’a pas fait. Son mécanisme de survie était aussi fort que la vie. D’après Nietzsche, « ce qui ne tue pas, rend plus fort ».

Les expériences douleureuses sont utiles voir nécessaires à notre dévelopment personnel. Elles font accroître notre force morale afin de pouvoir faire face à la vie avec plus de confiance et de contrôle.

Naturellement, je ne peux qu’approuver!! La preuve? Je suis encore là et plus solide émotionnellement qu’avant. La nouvelle MOI est plus forte, surtout plus résiliente!

Je me remets désormais plus rapidement des déceptions! La douleur demeure mais moins longtemps. Tu pleures un coup. Tu t’essuies les larmes. Tu te remets debout. Et puis tu t’en fous. Ta carapace finit par prendre de l’épaisseur pour te protéger.

À un moment donné, je m’en rappelle bien encore, je me maquillais les yeux avant de sortir travailler. J’ai vu le reflet d’une étrangère dans le miroir.

Mon cœur a pris plein la gueule en réalisant que c’était moi. Elle avait un regard fade, vide de vie. Cette étrangère n’était autre que ce qui restait de moi. Ce choc était positif car beaucoup de décisions et d’actions en ont découlé depuis dans le but de me retrouver.

Aujourd’hui, grâce à mon cheminement, je suis en paix avec moi-même. Je n’ai pas retrouvé mon ancienne moi, ce qui est parfaitement normal.

Je ne suis plus cette fille. Je suis qui je suis devenue aujourd’hui. J’aime mieux cette nouvelle version de moi qui est plus forte, plus zen, plus cérébrale, plus déterminée et plus joyeuse. Avant, je disais oui quand je voulais dire non.

Je passais l’intérêt et le bien-être de tout le monde avant les miens. Même des fois aux dépends des miens.

Personne ne viendrait te dire que tu devrais penser en premier à toi. On finit par prendre ce que tu fais aux autres par acquis. On développe des attentes envers toi. Tu te mets de la pression pour être à la hauteur de ces attentes.

Tu t’oublies. On t’oublie. Tu deviens ce que tu offres inlassablement.

Heureusement, j’ai brisé les chaines qui ont aliéné pendant de longues années la femme que j’étais. C’est hors de question d’accepter à nouveau ce que j’avais accepté dans le passé. Mon saumon sauvage ne se transformera jamais en un saumon d’élevage.

Mon cœur n’est plus susceptible d’être facilement manipulé car il a appris à la dure ce que c’est et il en a souffert.

Désormais, j’en prends bien soin sans nécessairement l’empêcher de s’ouvrir à l’amour, au vrai. Celui dans lequel je m’épanouis, j’éclos comme une rose méditérranéenne au printemps. Un amour sain tout simplement.

« J’ai souvent pensé que ma capacité à souffrir était égale à ma capacité d’aimer. Que chacune de mes larmes répondait à chacun de mes rires. Que chacun de mes tourments répondait à chacune de mes convictions. Que chacune de mes craintes répondait à chacune de mes certitudes. Que ma peine glorifiait ma joie. Que ma défaite honorait ma victoire passée. En perdant, j’ai appris à reconquérir, non l’autre, mais toutes les parts de mon coeur pulvérisé. « Nina Bouraoui, Beaux Rivages

Aimer au-delà des frontières…

(De la série d’articles « Capteur de rêve« )

Donc, ce cœur de saumon sauvage que j’ai beau essayer de contenir dans une cage (thoracique) pendant des années et des années de temps, il semble avoir enfin trouvé la paix tant convoitée.

Depuis quelque temps, il se laisse aller avec le courant. Il veut se faire bercer par une douce vague jusqu’à bon port. Il s’est battu longtemps contre ce même courant. Ça l’a épuisé. Il est grand temps de lâcher sa prise et profiter de la ride.

Mon cœur de saumon n’a plus rien à prouver. Désormais, il veut juste être heureux et rendre heureux.

L’amour dont il déborde l’a finalement conduit au-delà de l’océan. Et parce que l’amour est avant tout une connexion spirituelle entre deux personnes, ni distance ni fuseau horaire ne peuvent lui en faire face.

Les âmes savent se reconnaitre avant même qu’on ne le sache. Un sentiment de déjà-vu s’empare de nous et nous dérange. On veut comprendre. Seul le temps est susceptible de résoudre les mystères de la vie.

Quand ça ne fonctionne pas avec quelqu’un, c’est parce que la vie nous prépare à ce qui est mieux pour nous.

Car à ce moment aussi de notre existence, on n’a pas atteint notre meilleur pour celui que nous attendons.

On tourne dans un vide émotionnel toute notre vie et soudain ce vide est comblé par un inconnu, à quelques milliers de kilomètres, que notre âme reconnait depuis la nuit des temps.

C’est hallucinant et magique!

Aimer quelqu’un à distance demande beaucoup de courage et de résilience. On apprend à vivre en manque de l’autre et à se contenter de sa voix et à s’abreuver de ses mots. L’espoir et la patience sont nos seuls alliés. L’espoir de se voir et la patience d’attendre ce moment tant voulu.

Après tout, c’est un choix qu’on fait à deux, de plein gré, tout en comprenant les enjeux et assumant les conséquences du manque physique de l’autre que ça engendre.

Tu apprends à te blottir imaginairement contre l’autre et à maîtriser l’art de combiner deux quotidiens séparés par deux fuseaux horaires distincts.

Je n’ai pas peur car en suivant la voie du cœur, on se rend toujours à destination. Ce mystérieux inconnu au regard cuivré dont mon cœur s’est épris, me fait vibrer à travers terre et océan et me remplit d’une incroyable joie de vivre.

Il m’a dit que j’embellissais sa vie. Il embellit la mienne également! Il est la chaleur qui manquait à mon quotidien.

« Il fallait bien qu’un visage réponde à tous les noms du monde. » Paul Eluard

Ça ne donne rien de résister à ce flot émotionnel que la vie nous offre. On ne le choisit pas. Par contre, lui oui. Le cerveau a beau dire au cœur de s’arrêter de s’emballer. Mais nul ne peut entraver la voie pavée du cœur et briser ce lien sacré, honoré par l’homme depuis la Création.

Cependant, il y a de ces moments où le doute et la peur s’infiltrent dans les entailles de l’âme et engendrent un désarroi incompréhensible. Mille et une questions défilent en quelques secondes sur cet écran mental.

Est-ce un vrai amour? Est-ce une illusion d’amour que le cœur crée pour engourdir notre manque d’affection et pour nous procurer une sensation de satiété émotionnelle bidon?

Aimer à distance est un couteau à double tranchant qui devrait être manipulé non seulement avec grande délicatesse mais aussi avec extrême vigilance.

« Aimer, un jour à la fois, est une formule gagnante », dit le cœur.

« Mais qu’en est-il du lendemain? » répond le cerveau.

C’est mon éternel combat!

Je n’ai malheureusement pas la réponse maintenant et je ne peux prétendre détenir la Vérité avec un grand V. Mon coeur est heureux, là, dans le moment présent. Demain, on verra. Demain, c’est un autre jour!

« L’Amour débarque à l’improviste, comme par effraction. Un instant, et plus rien n’existe. Soudain, tout est hors temps, hors norme. Soudain, la vie ne fait plus peur. » Guillaume Musso

https://youtu.be/vmud4ng9EOg