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Réapprendre à vivre en douceur

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Réapprendre à vivre en douceur est le souhait de quiconque ayant vécu un chamboulement majeur dans sa vie. En fait, c’est mon souhait le plus cher.

Toutefois, je ne cesse de trébucher et de manquer mon coup à cause de la colère qui continue à me démanger de l’intérieur.
À certains moments, je me répétais, sans répit, comme un mantra, « je ne mérite pas ce qui m’est arrivé »! Je me laissais aller à la rage au point de m’auto-infliger cette maudite douleur au cœur. De pleurer toutes les larmes de mon âme, assise sur le plancher froid de ma cuisine.

L’expérience n’est pas ce qui nous arrive. C’est ce que nous faisons de ce qui nous arrive.
— Aldous Huxley

Ce n’est pas du remords. Le remords d’avoir pris la décision de partir, de changer de vie. C’est plutôt les résidus d’un deuil mouvementé à tous les niveaux.
Perdre ses repères du jour au lendemain n’est simplement pas une mince affaire!

Cette période d’adaptation demandait beaucoup d’énérgie. Il fallait en plus apprendre à m’occuper de tous les sphères de ma vie. Acquérir certaines compétences qui m’étaient étrangères.
Changer une lampe brûlée par-ci, trouver le réservoir du lave-vitre dans mon auto par-là. Visser une vis défaite, gérer mes comptes au sous près….sans mentionner mon double rôle de père et de mère durant ma semaine de garde.

Il y a eu des moments où j’étais en manque de ressources. Sans aide, absolument seule. Sans personne à qui parler ou demander réconfort et conseil.

Tu as beau avoir 300 amis virtuels mais en vrai vie, tu te retrouves seul et isolé sans une présence physique pour te rassurer ou te donner un petit coup de pouce ou encore une tape amicale dans le dos.

Les amis considérés jadis comme « amis de la famille » prennent leur distance ou choisissent leur camp. La dynamique des relations change et finit par s’estomper pour laisser place aux souvenirs des moments partagés un jour.

Au début, le comportement de certains d’eux me blessait. L’ami qui a partagé ta dinde de l’action de grâce, qui a trinqué avec toi à la santé de cette amitié devient un « perfect stranger ». Il cesse de t’appeler pour prendre de tes nouvelles, il ne t’invite plus à l’anniversaire de son enfant et s’il te croise dans un lieu fréquenté jadis ensemble, un inconfort prend toute la place.

Il faut composer aussi avec cette nouvelle réalité et faire aussi le deuil de ce qui était une source de joie pour toi. Faire le deuil consiste aussi à passer à autre chose. 

De toute évidence, cette réalité nécéssite la formation de nouvelles amitiés et la fréquentation de nouveaux endroits. C’est aussi, en grande partie, adopter de nouvelles habitutes ainsi qu’une routine propre à vous et à votre style de vie.

Dans le fond, il n’y a que du positif dans tout ce chamboulement. Nous sommes offerts une opportunité pour recommencer à neuf telle qu’une naissance. C’est la naissance d’un « je » ou d’un « nous » qui répond mieux à ce que nous sommes devenus.
Les habitudes qui nous tapaient sur les nerfs, ces relations « forcées », ces lieux ennuyeux…ben c’est le moment de les remplacer. Ça permet à de l’air frais de s’infiltrer dans notre vie.

Tout changement est dérangeant dans ses débuts. Il nous brasse si fort qu’il nous sort de notre zone de confort. Après tout, « on ne changera jamais de vie en restant dans notre zone de confort. »

Réapprendre à vivre en douceur c’est en grande partie devenir résilient et accepter ce qu’on ne peut pas changer. C’est aussi pardonner à ceux qui nous ont causé du tort et vivre en paix dans l’âme et de l’amour dans le cœur.

« La résilience est l’art de naviguer dans les torrents. » Boris Cyrulnik

Serait-il possible d’y arriver? Définitivement. J’y crois sincèrement.
Ai-je la volonté pour le faire? Absolument.

La prise de conscience est très importante à ce niveau. Ce qui contribuera à me défaire graduellement de cette colère malsaine, avec chaque nouveau jour.

Avec de la détermination, atteindre un stade de félicité serait possible. Ça me permettrait de savourer les douceurs de la vie et retrouver ma joie de vivre…

http://huffp.st/ZfPjrTY

Qui sème, récolte!

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Le jour où je me suis présentée chez mon avocate pour signer mes papiers de divorce après une année de séparation physique, j’ai été offerte un nouveau poste dans un nouveau ministère. Une promotion!

Le ciel m’a fait un clin d’oeil!
Je me suis battue férocement au cours de cette année pour mes droits et ceux de mes enfants. J’ai tenu mon bout car j’y crois. Ça m’a coûté cher en frais judiciaires, en énérgie, en patience et j’ai réussi malgré tout. Je passais des nuits entières insomniaque car mon petit hamster courait et courait en essayant de trouver une solution à tous mes tracas.

Le jour où j’ai signé ces papiers, croyez-le ou pas, le mauvais sort s’est brisé. Les fleurs poussaient à nouveau dans mon jardin, les oiseaux lançaient leur plus beau gazouillement pareil à l’histoire de la « Belle au bois dormant » où le baiser du prince a brisé le sortilège et a ramené la vie dans la baraque.
Je sentais que la vie célébrait mon retour à elle. J’étais dans un état second. Je flottais sur un nuage de bonheur.

J’avais touché le bas fond du désespoir mais comme je savais que ça ne pourrait pas aller pire, je me disais que ce n’est qu’une question de temps avant que je commence à remonter la pente. En effet, une nouvelle vie, un homme merveilleux et une nouvelle job! J’ai aussi réussi à ramener mes enfants à moi après une sombre période pour eux et moi.
Cette année leur a appris à apprécier davantage la mère que je suis et à comprendre ce qu’une mère est capable de faire pour leur bien-être.

J’ai suivi l’exemple du roseau qui se penche au passage de l’orage et se redresse plus sûr et fier que le chêne qui malgré sa puissance évidente se déracine. La dernière année m’a appris la souplesse et la résilience et c’est le temps de récolter les fruits.

Deux leçons importantes à retenir après cette expérience :

1. Rien n’est garanti dans la vie. En un moment, notre vie bascule. On perd tout ce qu’on pensait éternel et avec, nos repères et notre identité. C’est la mauvaise nouvelle!
2. Cette situation n’est pas permanente. Par contre, il faut se battre avec toutes ses tripes pour ses principes, ses valeurs et ses croyances. La vie vous récompensera et vous compensera pour toutes les douleurs que vous avez ressenties, pour chacune des larmes que vous avez versées sur votre oreiller avant le sommeil.

Et là, après avoir goûté à la victoire, à la réussite, au vrai bonheur, à l’amour vrai qui ne vous mettra dans aucun doute de vous-même et de votre valeur, je suis prête à aller de l’avant et conquérir le monde. The sky is the limit!

Mes bras seront grand ouverts pour quiconque a besoin d’être soutenu, aimé et accompagné dans sa bataille, quelque soit sa bataille. Je ne vous fermerai jamais mes portes comme on me l’a fait, des fois! Je ne vous jugerai jamais comme on m’a jugée aussi, des fois! La vie m’a offert et c’est à mon tour d’offrir!

« C’est toujours la Passion qui dévoile à une femme son caractère, c’est toujours dans l’Amour et dans la douleur qu’elle atteint sa véritable mesure. »

Stefan Zweig

Pourquoi « Mon coeur de saumon? »

On me demande depuis le lancement de ce blog, pourquoi j’ai choisi « Mon coeur de saumon » comme titre. Le saumon est un poisson connu pour nager à contre courant. Il risque sa vie et défie la loi de la gravité. Depuis ma tendre enfance, j’étais un petit saumon sauvage. Je suis née avec des gènes de rebelle. Je ne suis pas une « hors-la-loi », bien au contraire. Je démontre beaucoup de rigueur par rapport au respect de la loi et à son application. Mais dans ma vie de tous les jours, je vis selon mes convictions et mes principes, guidée par l’amour, la compassion et l’ouverture à l’autre.
Les injustices de toute sorte et couleur dans le monde me font rager.

Issue d’une culture assez conservatrice par rapport au rôle de la femme dans la société mais élevée dans une famille ouverte : un père médecin ayant fait ses études en médecine en France et une mère détentrice d’un bac en philosophie et en psychologie, donc j’ai été encouragée à aller toujours plus loin, à m’affirmer et À devenir ce que je suis aujourd’hui.

J’ai eu le choix depuis ma jeunesse d’aller dans le domaine d’études que je voulais, de voler de mes propres ailes sans contrainte, d’être moi-même. J’étais chanceuse par rapport à d’autres jeunes filles de mon âge qui n’ont pas eu la même ouverture du côté de leur famille.

Dans mon parcours, j’ai réalisé que la femme n’est pas juste une épouse et une mère. C’est un rôle important et essentiel mais elle a d’autres à jouer.

Au fil des années, j’ai réprimé le saumon en moi pour « me conformer » à la nouvelle famille, conservatrice et traditionnelle, dont j’ai fait partie par alliance. Ça ne m’a donné que de la frustration car je n’étais pas fidèle à mes principes. D’autre part, la famille n’était pas assez satisfaite de ma « performance ». Je n’étais pas assez compétente à leurs yeux en tant qu’épouse, ni digne du nom de leur fils.

Sans rentrer dans les détails ici, mon saumon a décidé de se réveiller et de retourner à la source, à sa vraie nature.

Depuis, j’ai repris les rennes de ma vie et c’est moi qui la dirige désormais. J’ai gardé dans mon cercle ceux qui me ressemblent et j’ai laissé aller ceux qui ne me ressemblent pas et plus!

Pour faire partie de mon cercle, c’est simple : ma devise est l’AMOUR. L’accepter et le donner c’est dans les conditions d’adhésion à mon « club ».

« Moi, je ne « tourne pas les pages », je déteste cette expression simpliste, je n’oublie rien, je ne zappe pas, je ne renouvelle pas ma vie comme si rien avant n’avait existé. Elle est un fil continu que je tisse, je ne gomme personne, je suis faite de tous mes souvenirs, de mes amours, je suis un patchwork vivant de moments de vie, je suis faite des autres, pour les autres, et chacun m’a construite ou meurtrie. Je ne tourne pas les pages, je les écris. »

Charlotte Valandrey