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Les choix qu’on fait

On me demande souvent si je regrette mon choix d’être partie, si j’aurais dû rester, continuer à jouer mon rôle d’épouse heureuse et prétendre qu’on est la famille parfaite que beaucoup de notre entourage jalousait. Je répondais pratiquement et systématiquement tout le temps par un NON sûr. À vrai dire, je le regrette. J’aurais dû le faire plutôt.

Je me suis battue pour une cause perdue d’avance et j’ai fini par lâcher prise. En fin de compte, c’était déjà fini depuis quelques années. On ne peut pas réssusciter un mort. Mais, on restait pour sauver les meubles. Parce qu’on a honte de dire qu’on a échoué. Et parce qu’une rupture coûte cher. Surtout, on reste pour les enfants. C’est cliché, non?

On s’habitue à vivre « à peu près ». Après tout, c’est notre zone de confort pas trop confortable. Mais au moins, on sait à quoi s’attendre à chaque matin. Il n’y a rien de nébuleux ou d’ambigu. Attendre trop longtemps empire la situation et envenime la vie de toute la famille. Attendre trop longtemps appronfondit les blessures et fait en sorte que la récupération après devienne plus difficile, plus longue aussi.

Je ne dis pas qu’il faut baisser les bras facilement. Qu’il faut plier bagage au moindre désaccord. Qu’il ne faut pas se battre pour sauver son couple et par la bande sa famille.

Quand tu décides de partager la vie d’une autre personne, tu ne penses pas qu’un jour, peut-être, il y aura une fin. Tu t’investis et tu te permets de rêver au coucher du soleil qu’on va observer, main dans la main, sur la terrasse de la maison familiale où les cris joyeux des petits-enfants résonneront dans ses recoins. On aimerait vieillir ensemble et se soutenir dans les adversités et les bobos de la vieillesse. Qui ne pense pas à ça? Qui ne le souhaite pas?

Est-ce qu’on choisit exprès de ne plus s’aimer et de partir? De briser la famille? Non. Quand l’amour s’évapore et le bonheur se transforme en illusion, tout s’effondre. On vit en parallèle. On continue à avancer mais sans se rejoindre. En géométrie, les parallèles ne se rencontrent jamais. C’est le cas de pas mal de couples de nos jours. C’est malheureux. Mais c’est une réalité. La plupart des camarades de classe de mon gars ont « deux maisons ». C’est révélateur.

On s’oublie et on oublie l’autre à cause de nos responsabilités au quotidien. Comme toute autre chose, il faut entretenir son couple pour qu’il continue à l’être. Il se nourrit de chaque effort entrepris à son égard. Et lorsqu’on le tasse de côté, il se fâne, faiblit et finit par ne plus exister.

L’amour, c’est la base. Et la base doit être entretenue régulièrement pour continuer à supporter la charpente. Par contre, il faut que les deux partenaires de vie le veuillent et le désirent. Si l’un des deux décide de débarquer, plus rien à faire. Personne ne peut être forcé de rester et d’essayer.

Ce n’était pas aussi simple comme choix. Je l’ai fait et je ne le regrette pas. Comme je l’ai mentionné plus haut, mon regret c’est d’avoir attendu longtemps en espérant qu’un miracle nous tombe dessus. Ce n’est pas arrivé. À la place, nos coeurs ont dérivé, nos chemins ont divergé.

Aujourd’hui, je suis une femme heureuse. Épanouie. Libérée. J’ai reconstitué une famille avec mes trois enfants. Il y a des jours où c’est plus difficile que d’autres. Comme dans n’importe quelle autre famille. Mais nous avons réussi grâce à notre résilience et à notre joie de vivre innée. J’aimerais être en couple, un jour. Ré-avoir la maison familiale dont je rêve. Mais je ne forcerai pas les choses. Ça arrivera quand ça arrivera. Entre temps, je savoure ma nouvelle vie. Je suis bien et comblée. Je m’épanouis au fil des jours. Je dis non à ce que je ne veux plus. Et je reçois à bras ouverts ce que je veux. Être bien avec soi est la première condition pour être bien avec une autre personne. Je ne prends plus rien pour acquis. Je suis consciente que le bonheur est fragile. Donc je vis à fond les petits moments de bonheur que la vie m’offre en cadeau.

C’est le choix que j’ai fait : me choisir. J’ai choisi aussi d’être heureuse en adoptant une attitude de gratitude. C’est reconnu que les personnes reconnaissantes sont des personnes plus heureuses.

« Quand je suis inquiet et que je n’arrive pas à dormir, je compte mes bénédictions au lieu de compter les moutons, et je m’endors en comptant mes bénédictions. » Irvin Berlin

https://youtu.be/n43T56Z01Mk

Mon fils…

Inspirée de la belle rencontre avec mon garçon de 5 ans à l’épicerie, pendant sa semaine avec son père, voici ce que j’ai composé ce soir :

“L’echo de sa voix je l’ai ressentie
Avec mon instinct maternel averti
Avant même qu’il ne m’appelle
J’ai entendu ses consonnes et ses voyelles.
Maman, il a juste crié
Et tout mon être il a chamboulé.
En 5 jours, il a grandi et embelli,
Mais son sourire enfantin toujours si doux, si joli!
Avec ses petits bras, il m’a serrée,
Contre mon cœur, je voulais le garder.
La vie nous met souvent à l’épreuve,
Et de fausses promesses, nous abreuvent.
Rester fort est le seul choix,
Même si on veut baisser les bras, des fois.
L’amour finit par triompher,
Et pour ses “zamours”, on est prêts à tout recommencer…
Oublier, pardonner et effacer,
Pour les voir heureux et satisfaits.
Ce soir, mon cœur de maman s’ennuie,
Mais le bonheur des retrouvailles me réjouit.
Mes enfants sont ma vraie joie
Et pour moi, c’est ma religion, même ma foi!”

Les départs et moi…

La vie est comme une grande salle d’attente dans une station de train. Tu y croises plein de personnes qui attendent leur voyage. Des fois, tu as le temps de les apprivoiser. De les connaitre un petit peu plus. Ou de bien les connaitre. Et tu t’y accroches un peu. Trop même, des fois. Mais vient le temps de les voir partir avec leur valise remplie de souvenirs de tous ces passages, de tous ces voyageurs croisés pendant leur attente à la gare.

Ta valise aussi se remplit. Chacune de ses personnes te laisse une partie d’elle et emporte avec elle une partie de toi. Les morceaux de ton cœur finissent par être éparpillés aux quatre coins du globe. Et bienvenue à la nostalgie de ces moments révolus à jamais qui t’ont empli d’une gamme d’émotions qui te marquent longtemps..

J’ai toujours eu, au cours de ma vie, de la difficulté à gérer les moments de départ. Particulièrement celui de ceux avec qui j’ai tissé un lien, quelqu’il soit petit. Personne ne passe inaperçu ou insignifiant dans ma vie. Chacun a une place bien à lui et qui n’est pas remplaçable.

D’autres pourront venir, jouer un autre rôle, laisser leur marque mais personne ne prend la place de personne.

J’essaie de remonter dans le temps pour comprendre pourquoi je suis si troublée par les départs. Je n’arrive pas à trouver la cause. Je suis née et j’ai vécu dans une famille stable, fonctionnelle et très soudée. En tant qu’enfant, je n’ai jamais été délaissée par un adulte. J’ai toujours été bien entourée par la grande famille aussi. Les oncles, les tantes, les cousins, les cousines, les grands-parents et même les voisins! C’est pour dire que je ne connais pas l’origine de ce trouble-là. Étais-je délaissée dans une ancienne vie? Je crois au voyage de l’âme donc tout est possible comme hypothèse. Un jour, je laisserai l’hypnose me donner une réponse quant au début. Peut-être je comprendrais un jour ma « géographie sentimentale » qui définit le périmètre de mon monde émotionnel assez complexe.

Les départs me perturbent. C’est plus qu’un fait. Je fuis le moment fatidique comme on fuit la peste. Ça réveille en moi des peurs et des appréhensions que je ne comprends pas.

Et pour moi, il doit y avoir un rituel. Idéalement une carte sur laquelle je déverse mon cœur au complet, accompagnée d’un cadeau de départ “coup de cœur” qui s’accorde avec la personnalité et les intérêts de la personne. Je mijote longtemps l’idée du cadeau et pendant ce temps, c’est toutes mes émotions qui me chambardent.

Toujours, dans ces moments troublants, les mots du renard, que le Petit Prince a apprivoisé, me reviennent à l’esprit, “tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé!”. Ça résume tout ce que j’essaie de livrer comme message dans ce texte.

Chacun d’entre nous exprime ce qu’il ressent à sa manière selon sa personnalité, son histoire et ses expériences de vie. Certains tournent la page et passent à autre chose. Ils disent au revoir de loin à la personne qui embarque dans le wagon pour entreprendre un nouveau voyage, vers une nouvelle destination puis continuent leur vie. D’autres, comme moi, restent debout sur le quai, à regarder le train disparaitre, emportant une partie d’eux dans la valise et en laissant libre cours à ses larmes. Une façon de se purifier de la douleur du détachement.

Malgré tout ce que je peux vivre d’éprouvant, je suis consciente que la vie nous offre le bonheur de nouvelles “trouvailles” ou connaissances pour contrebalancer nos “pertes”. Chaque personne qui continue son voyage sans nous avait quelque chose à nous apprendre. Il poursuit après son chemin car son mandat est venu à échéance.

Chaque rencontre est un rendez-vous du destin. Personne ne croise notre passage sur terre par coincidence. Un jour ou l’autre, on saura pourquoi. Entre temps, j’apprends à apprivoiser ceux qui restent et à apprécier chaque moment passé avec eux sans trop m’attarder sur ce que je ne peux pas contrôler. J’apprends également à me détacher en douceur de ceux qui partent vers une nouvelle destination en gardant en moi le souvenir des beaux moments vécus auprès d’eux. À lâcher prise tout simplement…

C’est ça la vie. Une grande station de train. Les “bonjour” et les “au revoir” en font et en feront toujours partie. Les émotions qui bouleversent de fond en comble aussi…

Aujourd’hui, je me choisis!

Penser à soi n’est pas égoïste. Dire STOP de temps en temps, mettre tout en pause pour se reposer et pour recharger ses batteries est un devoir envers nous-mêmes.

Le rythme trop accéléré de la vie nous enlève des moments précieux de notre court passage sur terre. C’est à nous de les lui voler pour les vivre pleinement et comme bon nous semble à l’abri de ce courant fou qui emporte tout à son passage qu’est le temps. Je ne veux pas me rendre compte trop tard que je n’ai pas « vécu ». Et ce n’est pas vrai que j’accepterai une vie « ordinaire » ou « médiocre » tant qu’à y être.

J’ai passé de longues années dans l’oubli de moi-même. Je me suis donnée à fond pour voir évoluer ceux autour de moi. Comme mentionné à maintes reprises, je ne regrette pas avoir fait ce que j’ai fait pour les autres car c’était fait avec amour et en plein conscience. Par contre, mon dévelopment personnel n’a pas suivi les années qui s’égrenaient à la vitesse de la lumière. J’ai fait du sur place par rapport à moi-même. Là, j’ai beaucoup à récupérer, beaucoup à réaliser mais la journée est faite d’un nombre limité d’heures. Physiquement parlant aussi, et il ne faut pas se le cacher, c’est le déclin 40 ans dépassés. En plus de mes tâches régulières et de mon devoir de maman d’un trio, j’aimerais pouvoir écrire plus, m’entrainer régulièrement, lire davantage, voir mes amis, m’évader, visiter des musées et des expos, prendre des cours de peinture, méditer, faire du snowboard, voyager….J’ai beaucoup de rêves et d’ambitions. Trop même. Ça me fatigue car je suis limitée. Je suis prisonnière du temps. Il me faut plusieurs vies pour réaliser tout ce que je veux atteindre. Ma tête est remplie de rêves. Mon coeur déborde de passion pour la vie et mon âme est assoiffée de nouvelles expériences. Je veux les partager avec celui qui me ressemble, qui vibre aux mêmes choses que moi et qui pulse au même rythme que moi.

Oui, désormais, je pense plus à moi et à ma paix intérieure. Je l’assume. Je m’assume. Je ne mâche pas mes mots. Je me respecte et je sais formuler clairement un vrai OUI et manifester un vrai NON. Je laisse aller ce qui ne me ressemble plus et j’accueille ce qui contribue à mon épanouissement et à mon cheminement dans la vie.

Je suis capable souvent de prendre du recul face à une situation qui sème la zizanie et le doute dans mon coeur. Je n’embarque plus dans un flot de pensées décousues qui n’a pour but que de perturber ma sainte paix.

Je me connais et m’aime mieux. Me valorise plus. Je vais au bout de mes appréhensions et peurs afin de les surmonter. Je peux simplement briller de mes propres lumières. Et j’ai le choix de décider de ma destinée…

Il y a eu un temps où je n’étais pas bien dans ma peau. Ça se reflétait au niveau relationnel et ça impactait mon couple. Dans mon cheminement, j’ai apprivoisé mon corps et appris à aimer mes courbes. Aujourd’hui, je suis bien dans ma peau. J’ai développé ma propre capacité de bienveillance, de tolérance et de non-jugement vis-à-vis moi-même. Je suis moins sévère avec moi-même. Je mets le focus sur mes atouts au lieu de mes défauts.

Il n’y a pas longtemps, quelqu’un m’a dit que ce que je suis a chamboulé sa liste de critères qu’il a établie pour son choix de femmes. Me l’avoir dit vlà 1 an, je ne l’aurais pas cru à cause du faible estime de soi dont je souffrais. Mais j’ai cheminé depuis, heureusement. Et oui, j’aime maintenant mes parfaites imperfections. Quand on s’aime soi-même, on dégage une certaine (belle) énergie que les autres ressentent. J’y crois car je l’ai expérimentée. Cette énérgie attire quand elle est positive et repousse lorsque négative. Quand on s’aime aussi, on aime mieux l’autre/les autres.

On a le choix d’en décider et de se positionner face aux autres. En fin de compte, nous attirons ce que nous dégageons, il ne faut jamais l’oublier!

« C’est toi qui sais ce qui est bon pour toi, ne te laisse pas dévier de ton chemin, avance vers tes propres objectifs. » Jacques Salomé